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Qu'est-ce qu'une
résolution?
L'Organisation des Nations-Unies utilise les résolutions
pour exprimer ses opinions sur des dossiers, pour formuler des recommandations
sur la méthode de résolution de situations et pour exercer
des pressions politiques sur les États membres afin qu'ils respectent
les obligations et les attentes convenues par la communauté internationale.
Une résolution
est un document qui comprend des dispositions d'environ quelques lignes
chacunes. Elle contient deux types de dispositions. La première
est la disposition préambulatoire qui
détermine le contexte en résumant l'information sur une
question ou en définissant les préoccupations qui motivent
l'adoption de la résolution. Le deuxième type est
la disposition exécutoire, qui permet
à l'organisation de préciser les mesures à prendre.
Une résolution type commence donc par quelques dispositions préambulatoires
suivies de dispositions exécutoires.
Pour avoir une
idée d'une résolution, prenons un exemple simpliste. Supposons
que votre famille veut adopter une résolution pour résoudre
un problème créé par le beagle de votre voisin
qui hurle toute la nuit. Vous pouvez rédiger la résolution
suivante qui a deux dispositions préambulatoires et deux dispositions
exécutoires :
Grandement
perturbé par le jappement constant de votre beagle,
Cherchant
un moyen raisonnable de résoudre le problème,
NOTRE FAMILLE
i. Insiste
sur le besoin d'un dialogue constructif;
ii. Vous
exhorte à nous rencontrer dans les plus brefs délais
pour discuter des solutions possibles.
Les deux dispositions
préambulatoires expliquent ce qui a amené votre famille
à adopter cette résolution. Les deux dispositions
exécutoires proposent des suggestions concrètes pour résoudre
le problème.
Votre contribution
aux résolutions
Pour susciter un bon débat à la SNUJPH, les délégués
doivent pouvoir énoncer leur politique étrangère
dans un format qui convient à une résolution. Comme délégué
individuel, vous devez venir à la SNUJPH non seulement en connaissant
la politique étrangère de votre pays mais aussi en sachant
comment cette politique peut être énoncée dans une
résolution. Cela ne signifie pas nécessairement que vous
deviez rédiger vous-même le projet de résolution.
Une excellente approche est d'essayer de résumer les différents
points de votre politique étrangère sous forme de dispositions
pour une résolution. Par exemple, si je représentais le
Canada à un comité discutant de la protection des civils
dans un conflit armé, je voudrais que la résolution contienne
de l'information sur la destruction des mines antipersonnel, puisqu'il
s'agit d'un objectif important de la politique étrangère
du Canada. D'après mes recherches, je saurais qu'il existe déjà
un traité ou une « convention » sur cette question
et qu'un des plus grands défis encore à relever est que
tous les pays ne l'ont pas encore signé et ratifié. Je
pourrais alors rédiger une disposition exécutoire qui
se lirait peut-être comme suit :
Exhorte
tous les États qui n'ont pas encore signé et ratifié
la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production
et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (Ottawa,
1997) de le faire dans un délai raisonnable.
Vous pouvez adopter
cette approche pour différents points de votre politique étrangère.
À votre arrivée à la SNUJPH, vous aurez plusieurs
dispositions à proposer au comité.
Libellé
d'une résolution
Les résolutions des Nations Unies sont des documents
soigneusement rédigés dans un langage diplomatique pour
transmettre le message voulu de la manière voulue. Une légère
différence dans le libellé peut avoir une signification
très différente. Le point peut être illustré
en prenant le premier mot de la disposition type ci-dessus.
Cette disposition
commence par le mot « exhorte ». Certaines expressions sont
utilisées au début des dispositions afin de communiquer
plus clairement le but de la disposition. Celle-ci sert à exercer
un certain degré de pression sur d'autres États pour que
ceux-ci signent et ratifient un traité particulier. Certains
États souhaiteront peut-être un énoncé plus
fort en utilisant une introduction comme « enjoint ». D'autres
préféreront une introduction moins forte en utilisant
« invite » ou « encourage ». La différence
est dans l'accent. En langage diplomatique, le libellé moins
fort insiste sur le fait que chaque État a le choix
de signer ou non le traité tandis que le libellé plus
fort insiste sur le fait qu'il y a une attente de la part de
la communauté internationale que chaque État signe l'entente.
Voici une liste
de verbes qui peuvent être utilisés pour commencer les
dispositions exécutoires.
Accepte
Autorise
Condamne
Déclare en conséquence
Attire l'attention
Appuie
Proclame de nouveau
Demande de nouveau
Constate
Recommande
Exige
Soutient |
Affirme
Demande
Confirme
Déplore
Insiste
Espère
Recommande de nouveau
Résout de nouveau
Proclame
Regrette
Résout
Prend note
|
Approuve
Enjoint
Envisage
Désigne
Encourage
Invite de nouveau
Rappelle de nouveau
Réaffirme
Rappelle
Affirme solennellement
Exhorte
|
Voici une liste
de participes qui peuvent être utilisés pour commencer
les dispositions préambulatoires.
Affirmant
Alerté par
Ayant envisagé
Étant au courant
Estimant
Tenant compte
Persuadé
Prévoyant
Convaincu
Déclarant
Profondément préoccupé
Grandement conscient
Grandement convaincu
Prenant note
Constatant de nouveau |
Grandement
perturbé
Regrettant grandement
Observant
Insistant
Espérant
Ayant examiné
Ayant étudié
Remplissant
Sachant très bien
Entièrement alerté
Croyant fermement
Déplorant de nouveau
Rappelant de nouveau
Accueillant
Cherchant |
Guidé
par
Ayant adopté
Ayant de nouveau envisagé
Ayant porté attention
Constatant
Rappelant
Reconnaissant
Ayant entendu
Ayant reçu
N'oubliant pas
Constatant avec regret
Constatant avec satisfaction
Constatant avec profonde
préoccupation
Souhaitant
Référant |
Rédaction
des résolutions
Les projets de résolution ne sont pas habituellement présentés
dans leur forme finale lorsqu'ils sont soumis au comité. En fait,
le processus consiste principalement à rédiger des projets
de résolution qui seront acceptés par la plupart des membres
du comité. Les délégués individuellement
apporteront à la SNUJPH des suggestions rédigées
sous forme de dispositions qu'ils veulent voir intégrées
à la résolution du comité. Dans les séances
de comité et de groupe, ils intégreront ces idées
à celles d'autres délégués afin de créer
des documents de travail. Les documents de travail ressemblent
à des projets de résolution mais ils n'ont pas encore
obtenu un appui suffisant du comité pour être présentés
comme des projets de résolution. Bien que les documents de travail
ne soient pas présentés officiellement au comité,
ils peuvent, avec l'approbation du directeur, être photocopiés
et distribués au comité, et par la suite être mentionnés
au cours du débat. Le but est d'aider à faire porter le
débat du comité sur les enjeux concernant la question.
Plusieurs documents de travail seront probablement présentés
au comité au cours des premières étapes du débat
car des groupes de pays sont souvent en désaccord avec la façon
d'aborder un enjeu.
Lorsqu'un document
de travail a été appuyé par le nombre requis de parrains
et de signataires (voir Règles
de procédure) et approuvé par le directeur, un des parrains
peut alors le présenter comme un projet de résolution. À
la SNUJPH, un seul projet de résolution à la fois peut être
étudié par un comité. Ainsi, lorsqu'un projet de
résolution est présenté, le débat du comité
doit porté sur celui-ci jusqu'à ce qu'un vote soit pris.
Cela ne signifie pas toutefois qu'une fois le projet de résolution
présenté, le travail effectué sur les autres documents
de travail n'a pas servi. N'oubliez pas que vous pouvez proposer
des amendements favorables et non favorables à tous les projets
de résolution. Les délégués retiennent souvent
des suggestions exprimées dans d'autres documents de travail et
les utilisent pour formuler des amendements. Si la plupart des membres
du comité sont d'accord avec vous, votre amendement sera intégré
au projet de résolution à l'étude.
Format des résolutions
En rédigeant les documents de travail et les projets de résolution,
vous devez retenir quelques points sur le format. Premièrement,
les projets de résolution ont une en-tête qui indique le
comité, le sujet et les parrains. Deuxièmement, n'oubliez
pas la différence entre les mots utilisés pour présenter
des dispositions exécutoires et ceux utilisés pour présenter
les dispositions préambulatoires comme il est mentionné
ci-dessus. Troisièmement, les mots d'introduction des dispositions
préambulatoires doivent être en italique, et ceux
des dispositions exécutoires doivent être soulignés.
Toutes les dispositions exécutoires sont numérotées
tandis que les dispositions préambulatoires ne le sont pas.
Enfin, il faut
se rappeler que les dispositions préambulatoires se terminent
par une virgule et les dispositions exécutoires par un point-virgule.
Une résolution comprend un point seul qui se trouve à
la fin. Une résolution est donc une très longue phrase.
La résolution
type ci-dessous sert d'exemple du format et d'une résolution
des Nations Unies bien écrite:
Quatrième
comité de l'Assemblée générale
Sujet : Technologie de l'information
Parrains : Canada,
France, Égypte, Japon et Brésil
Rappelant que
la Charte des Nations Unies visent à protéger la
sécurité des États contre d'autres États,
Reconnaissant
que la menace à la sécurité d'un État
à l'époque d'aujourd'hui vient d'intervenants États
non membres ainsi que des États,
Constatant
que les intervenants des États non membres peuvent constituer
une menace pour les États en matière de technologie de
l'information,
Constatant
aussi que la guerre de l'utilisation de l'information exclut, dans
la plupart des cas, une intervention militaire,
Concluant par
conséquent que la guerre de l'utilisation de l'information a
tendance à réduire les défenses des états
et leur sécurité,
L'ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE
1. Autorise la création d'un Comité d'étude
de la technologie de l'information (CETI) qui a le mandat de formuler
des recommandations en vue d'éliminer la menace de la guerre
de l'information contre les États membres par des États
non membres;
2. Demande
que le CETI présente des recommandations pour définir
la guerre de l'information et désigner celle-ci comme un crime
dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre le crime;
3. Recommande
que le CETI étudie la distinction entre civil et combattant dans
les Conventions de Genève compte tenu des pratiques connues et
potentielles de guerre de l'information afin de recommander une nouvelle
formulation et d'accroître davantage la protection des citoyens
civils contre les effets graves de la guerre de l'information, en considérant
ces effets comme des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité;
4. Recommande
aussi que le CETI examine l'Accord de Wassenaar dans le but de recommander
des mesures qui établissent un équilibre entre les intérêts
du commerce et ceux de la sécurité dans les logiciels
cryptographiques.
Notez la justification
inhérente à la structure de cette résolution. La
première disposition préambulatoire fonde la résolution
sur des principes de base partagés par tous les États
membres. Les dispositions préambulatoires deux à quatre
donnent un aperçu de plus en plus précis de la nature
du problème. Les dispositions exécutoires tendent vers
des mesures relativement définies que le comité souhaiterait
voir prendre. Notez la mention de conventions particulières des
Nations Unies et d'autres accords particuliers (Accord de Wassenaar).
Cela démontre le besoin de bien fonder les résolutions
sur des faits et l'historique de la question.
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